Les grandes familles à bas revenus sont souvent oubliées.
Le délai d’attente atteint fréquemment dix ans pour une habitation à trois chambres.

Ancré dans notre Constitution et dans le Code flamand de l’Habitat, le droit au logement ne se traduit hélas pas souvent dans la pratique. On a un besoin urgent de plus de logements sociaux, et les grandes familles à bas revenus sont souvent oubliées. En effet, le délai d’attente atteint fréquemment dix ans pour une habitation à trois chambres. À Anvers, Collectief Goed oeuvre à une alternative durable et sociale.

Le droit pour tous à un habitat décent

Ce concept repose sur l’étroite collaboration entre les différents partenaires et les habitants, en qualité de coopérateurs. « La société de logement social De Ideale Woning apporte d’anciens bâtiments vides dans notre coopérative, en échange de parts de coopérateurs, explique Dirk. Nous les métamorphosons en habitations modernes et durables, dont la location est ensuite prise en charge par le bureau de logement social. Chaque année, nous retapons et louons environ huit logements, ce nombre étant garanti par le contrat passé avec De Ideale Woning ».

L’initiative tombe à point nommé, à un moment où Anvers souffre d’un manque cruel d’habitations sociales. La ville en compte 25.000, mais il y a plus de 35.000 familles sur la liste d’attente. « C’est pourquoi, en 2007, quelques familles se sont mises en quête d’une solution. Regroupées sous l’appellation ‘Arm in Arm’, elles ont cherché des immeubles et ont négocié avec l’asbl Samenlevingsopbouw, qui a également impliqué la Ville d’Anvers et la société de logements sociaux. C’est de là qu’est née notre coopérative. »

Rénover avec et pour les gens

Chaque logement est entièrement désossé et rénové.

Triodos finance la rénovation, qui doit avoir une dimension sociale et la plus durable possible. « Nous misons sur l’emploi social, avec en moyenne six stagiaires travaillant sous statut de l’Article 60. Ils sont formés par nos ouvriers-instructeurs. L’équipe sur chantier, les entrepreneurs et les architectes gravitent autour d’un coach professionnel en rénovation. Chaque logement est entièrement désossé et rénové ».

Rénover de manière entièrement écologique augmenterait beaucoup trop les coûts, mais chaque possibilité est exploitée. C’est ainsi que l’équipe installe des dispositifs d’infiltration d’eau dans le sol du jardin et utilise des chapes à base de perles EPS pour l’isolation : sans émissions chimiques toxiques, recyclables et malgré tout abordables.

Un habitat de qualité pour une vie de qualité

Actuellement, 23 maisons sont occupées et plusieurs autres sont en phase de livraison. Les maisons se trouvent dans trois citésjardins construites dans l’après-guerre, dans les années 1920 et 1930, autour de valeurs telles que la collectivité, la solidarité et l’émancipation, totalement en ligne avec les objectifs de la coopérative.

Ceux qui emménagent ici quittent souvent un studio étriqué pour s’installer dans un habitat moderne au sein d’une communauté soudée. « Un accueil des nouveaux habitants est organisé pour qu’ils comprennent comment les choses fonctionnent. Nous leur demandons d’acheter une part de 50 euros et leur expliquons comment ils seront impliqués dans les décisions. Deux habitants par quartier siègent au conseil d’administration, où ils disposent d’un droit de veto. Ils apprennent ainsi à se concerter et à défendre leurs droits en tant que locataires ».

Chez le notaire : la société de logement social apporte d’anciens bâtiments vides dans notre coopérative, en échange de parts de coopérateurs.

L’apport de maisons en nature est un système unique en Belgique, avec une grande dose de transparence et de stabilité. La société de logement social conserve son patrimoine et les maisons sont rénovées. Grâce à l’apport des actionnaires et l’engagement de la Banque Triodos, Collectief Goed est une initiative stable et orientée vers l’avenir allant dans le sens d’un habitat plus équitable.