Le deuxième trimestre 2018 en un coup d’œil

Évolutions sur les marchés

L’économie mondiale continue à se porter plutôt bien. On aurait tendance à l’oublier à la lecture des informations sur les guerres commerciales, les turbulences politiques en Europe et des indicateurs de confiance qui se dégradent. 2018 pourrait être la meilleure année pour l’économie mondiale depuis 2011. Pourtant le scénario de 'médaille d’or' que beaucoup d’entre nous prédisaient en ce début d’année – forte croissance, faible inflation – semble avoir disparu de l’horizon. Avec le recul, le marché fin 2017 a été trop positif. Les chiffres de la croissance économique ont été revus quelque peu à la baisse.

Le changement de momentum s’exprime aussi dans le sentiment du marché. La guerre commerciale entre les États-Unis et une bonne partie du reste du monde semble maintenant vraiment éclater et peut avoir un effet négatif sur la croissance. Dans la zone euro, le nouveau gouvernement italien eurosceptique a provoqué de l’inquiétude sur les marchés obligataires. Les prix du pétrole ont monté, ce qui, en même temps que l’augmentation de la pression salariale, a quelque peu accru les attentes inflationnistes. De ce fait il est devenu un peu plus facile pour la Federal Reserve de relever son taux directeur, alors que la BCE a annoncé l’issue monétaire en expliquant que la politique monétaire non conventionnelle actuelle prendrait fin à la fin de 2018.

Gestion durant le second trimestre

Les développements économiques peuvent avoir un impact négatif sur les marchés des actions. En conséquence de quoi en avril il a été décidé dans la cadre de la politique de gestion des portefeuilles de réduire la position en action vers sous-pondéré. En considérant les taux bas et notre scenario de taux qui montent, les obligations restaient sous-pondérées dans notre gestion des portefeuilles.

Les investissements

Depuis le début du second trimestre 2018 Triodos Investment Management a repris la gestion financière des fonds actions et obligation, gestion assumée par Delta Lloyd Asset Management avant cette date. Au cours du second trimestre, la mise en ligne du portefeuille action et obligation avec les sept thèmes de transition qui offrent des solutions pour le passage vers un monde durable a été entamée. Cela implique que les positions qui ne correspondaient pas ou à peine à ces thèmes ont été vendues. Par ailleurs, dans le portefeuille, les participations en actions d’entreprises américaines ont été réduites.

Actions des grandes entreprises

Le portefeuille du fonds actions grandes entreprises a été progressivement adapté. À l’avenir, celui-ci sera réparti de façon plus équilibrée à travers les domaines géographiques et les secteurs économiques. Les principaux critères d’évaluation dans le processus de sélection sont la croissance, le cash-flow et le rendement sur le capital (ROC – return on capital).

Au cours du trimestre écoulé, les participations suivantes ont notamment été vendues : Aptiv (fabricant de pièces automobiles, États-Unis), Priceline (portail de réservations d’hôtels, États-Unis, aujourd’hui Booking Holding), Boston Properties (Real Estate Investment Trust – REIT – en bureaux, États-Unis), l’entreprise de médias et de distribution par câble Comcast (États-Unis), Delphi Technologies (fabricant de pièces automobiles, États-Unis), Dentsply Sirona (fabricant de produits de dentisterie, États-Unis), la société de distribution par câble Liberty Global (États-Unis), l’entreprise suédoise Svenska Handelsbanken, Tesla (fabricant de voitures électriques, États-Unis) et Zimmer Biomet Holdings (technologie médicale, États-Unis). En outre, la société américaine de médias Time Warner a été reprise par l’entreprise américaine de télécommunications AT&T, après quoi les actions AT&T ont été vendues.

Plusieurs participations existantes ont été étoffées et  plusieurs nouvelles entreprises ont été ajoutées au portefeuille.

  • Adidas (Bien-être & population saine) – le nouveau management d’Adidas peut afficher que la stratégie présentée d’élargissement des marges et de croissance plus élevée du chiffre d’affaires, surtout en Amérique du Nord, est effective.
  • Bridgestone (Mobilité durable & infrastructure) – un des plus gros producteurs de pneus au monde ; l’entreprise attache beaucoup d’importance à l’innovation et la stratégie à long terme est axée sur la durabilité.
  • Japan Central Railway (Mobilité durable & infrastructure) – 70 % du chiffre d’affaires provient de la ligne à grande vitesse entre Tokaido et Shinkansen, de loin la ligne ferroviaire la plus fréquentée du Japon. Les trains à grande vitesse constituent une alternative relativement bon marché et propre pour des voyages sur de longues distances.
  • Telenor (Inclusion sociale & émancipation) – Cette entreprise de télécommunications norvégienne est très représentée en Scandinavie (surtout en Norvège) et est un important fournisseur de télécommunication mobile sur plusieurs marchés asiatiques comme le Bangladesh, le Myanmar, la Thaïlande, la Malaisie et le Pakistan. Telenor veut apporter sa contribution au développement économique, écologique et sociétal dans les pays où l’entreprise est active.

Actions des petites et moyennes entreprises

Dans le positionnement actuel du fonds actions petites et moyennes entreprises , l’accent est mis sur des placements dans les thèmes des Ressources renouvelables, de l’Économie circulaire et du Bien-être & population saine. C’est pourquoi la gestion tend (progressivement) à accroître la participation dans les quatre autres thèmes de transition et à diminuer ainsi le risque de concentration. Les États-Unis sont aussi assez fort représentés dans le portefeuille. Il y a une volonté de réduire cette part du portefeuille au fil du temps et c’est pour cela qu’il y a une recherche des possibilités d’investissement en Asie et en Europe, pour améliorer la diversification géographique. Enfin, vu que la croissance économique commence à toucher son sommet et que les taux d’intérêt vont probablement remonter, le compartiment va investir progressivement dans des entreprises qui peuvent générer un bénéfice sur la base d’un cash-flow stable et qui disposent d’un bilan solide. Cela évite une trop forte dépendance des modèles d’entreprise qui sont basés sur une croissance financée par des capitaux étrangers.

C’est pourquoi au cours du trimestre écoulé quelques-unes des participations mineures ont été vendues et que le nombre de noms dans le secteur de l’énergie solaire a été réduit en vendant SunPower. En outre, la participation dans Tesla a été vendue, à cause des problèmes persistants dans la production du Model 3, des problèmes de cash-flow et d’une émission imminente. Après une très forte évolution du cours des entreprises dans le secteur des soins de santé et de la technologie aux États-Unis, les participations en Teladoc, Algin Technologies, Cerus et Red Hat ont été réduites. Les participations en China Everbright International et Beijing Enterprise Water Group à Hongkong ont été diminuées parce que la qualité du bilan de ces entreprises a continué à se détériorer. L’allocation au Japon a été étoffée par un investissement en Shimano, un gros fabricant d’accessoires pour vélos. 

Obligations

Pour les investisseurs en obligations, les résultats qui ont été dégagés sur les marchés obligataires européens au cours du second trimestre ont été très divergents. Les emprunts d’État des pays du noyau européen ont procuré un rendement de 1 %, mais le marché plus large a généré un rendement négatif de -0,5 %. Cette perte est à mettre en grande partie sur le compte des emprunts d’État italiens, qui ont chuté d’un bon 5 % au cours du trimestre écoulé. Dans l’ensemble, les emprunts d’État sont restés à la traîne par rapport aux obligations d’entreprises, bien que les primes de risque aient augmenté. Les obligations d’entreprise avec un credit rating élevé se sont relativement bien comportées, alors que les emprunts dont le rating est plus faible avaient plus de difficultés. L’annonce par la BCE que la première hausse des taux d’intérêt en tant que telle se ferait attendre jusqu’après l’été de 2019 a constitué une surprise positive qui a légèrement atténué le sentiment négatif.

Les obligations ‘vertes’ ont procuré un rendement respectable et le nombre d’emprunts dans cette catégorie continue à progresser. Le marché des obligations vertes commence à devenir plus mature et une nouvelle version des Green Bond Principles a été publiée en juin. Le gestionnaire a participé à l’émission réussie d’une obligation verte de la région Île de France, qui a connu un tel succès qu’elle est considérée comme un emprunt 'benchmark'. La réouverture de l’emprunt vert de l’État français a été mise à profit pour étoffer la position existante dans cet emprunt.

Les participations en WPP, Booking et Publicis ont été échangées contre des obligations vertes. Ce processus d’adaptation sera poursuivi dans les prochains mois.  

Placements alternatifs – Énergie renouvelable

Les états membres de l’Union européenne ont convenu qu’à l’horizon 2030, 32 % de l’énergie utilisée devrait provenir de sources renouvelables. L’objectif est fixé à 20 % en 2020. Parallèlement, les normes relatives à l’efficacité des bâtiments se sont renforcées en juillet 2018. Une manière implicite d’admettre que les immeubles représentent 36 % des émissions totales de CO2 de l’UE.

En Europe, les projets de grande envergure dans le domaine des énergies renouvelables devraient voir le jour sans subventions. Les gouvernements européens reverront leur soutien à la baisse, dans la lignée des bas coûts du capital. En pratiquant la surenchère, les promoteurs forcent, en outre, les fabricants d’éoliennes, comme Nordex et Senvion, à diminuer leurs prix. Résultat : une baisse du prix de l’électricité verte.
Bien que les prévisions relatives aux prix de l’électricité à court terme soient en hausse par rapport à celles émises plus tôt dans l’année, les projections de prix sont inférieures pour la période postérieure à 2020. Cela s’explique principalement par la demande inférieure d’électricité dans tous les secteurs d’Europe, par la plus grande part des énergies renouvelables grâce aux coûts faibles d’investissement de l’énergie éolienne offshore et terrestre, et par la politique plus stricte appliquée par les gouvernements et les entreprises afin d’atteindre les objectifs en matière de CO2. La baisse attendue des prix du gaz et du charbon entraînera, elle aussi, une diminution des coûts liés à la production d’électricité à partir de combustibles fossiles.

Début 2018, le fonds a acquis la pleine propriété d’une centrale solaire en Espagne. Le refinancement de ce projet s’est soldé par des taux d’intérêt considérablement plus faibles, ce qui a ensuite entraîné une revalorisation du projet et, partant, de l’ensemble du portefeuille.

Placements alternatifs - Microfinance

Au cours du second trimestre, le fonds a réalisé un résultat positif, surtout grâce aux revenus d’intérêts, dividendes et l’augmentation des valorisations des investissements en fonds propres. Bien que la volatilité sur les marchés des changes a persisté, la plupart des devises du portefeuille ont montées. Ceci contribua également au résultat positif.

Le fonds a accordé un prêt à une institution financière en Ukraine. Cette banque s’adresse aux toutes petites et moyennes entreprises, segment dans lequel elle est pionnière. Le fonds est également devenu actionnaire d’une institution de microfinance tunisienne. Un premier investissement dans la région Moyen orient Afrique du nord. 

Durant le trimestre écoulé le fonds a investi un montant total de 10,6 millions d’euros sous forme de prêts et de fonds propres dans 8 institutions financières. À la fin de trimestre écoulé les liquidités du fonds représentaient 13,1%.