Décider de devenir voisin

À cinq minutes à pieds de la gare Gent Dampoort se trouvent encore à l’heure actuelle les vestiges d’une usine de métallurgie envahis par la végétation. C’est à cet endroit rêvé que verra le jour, l’an prochain, le projet de cohabitat baptisé Bijgaardehof. Ce site de 5.000 mètres carrés comptera trois bâtiments, avec un total de 59 nouveaux appartements qui accueilleront une centaine de personnes.

Convaincues qu’habiter ensemble constitue une forme d’intégration sociale, ces personnes ont décidé de devenir voisines. La cohabitation mettra naturellement en contact les seniors et les enfants, les couples et les isolés, ou encore les autochtones et les étrangers.

C’est précisément le caractère inclusif du projet qui a séduit Patrick De Buck (71 ans). « À mon âge, il faut penser à demain, explique-t-il. J’ai une expérience de maison de repos : on n’y trouve que des personnes du même âge. Ce n’est pas un problème en soi, mais ce n’est pas mon choix. Je ne veux pas mourir entouré de vieux ! »

Partager la ville

L’habitat groupé crée du dynamisme. On se rencontre dans les espaces communs tels que le jardin, l’atelier ou le hangar à vélos. Au-delà d’une voiture, une tondeuse à gazon ou un lave-linge, on peut aussi y partager son savoir, son expérience et son temps.

« Patrick, par exemple, est passionné de musique, confie Hanne Van Herck, maman isolée (38 ans). Peut-être que ma fille possède un talent musical qui ne s’épanouira jamais si elle grandit uniquement avec moi. La richesse de ce genre de groupe est que les enfants peuvent très facilement tisser des liens avec des personnes très différentes, sans que cela soit formel et organisé. »

C’est dans ce même esprit que la communauté a décidé d’accueillir en son sein une famille de réfugiés. Vluchtelingenwerk Vlaanderen aidera à trouver une famille dès que la phase de construction sera achevée. Comme cette unité devait également être financée, tous les habitants se sont cotisés pour un total de quelque 40.000 euros.Une somme complémentaire de 100.000 euros a en outre été collectée par la coopérative d’habitat Wooncoop auprès d’actionnaires engagés. Une première dans notre pays.

Nous voulons avoir un impact positif sur le quartier, avec des initiatives telles qu’un potager en toiture, un point d’enlèvement de paniers alimentaires et le wildcard, un local destiné à des activités de quartier.
Josephne Vanhille, co-habitante

Qui plus est, l’intégration sociale ne reste pas confinée dans l’enceinte du projet. « En tant que groupe, on a un poids nettement plus important sur le voisinage, affirme Josefine Vanhille, future habitante (32 ans). Nous voulons avoir un impact positif sur le quartier, avec des initiatives telles qu’un potager en toiture, un point d’enlèvement de paniers alimentaires et le wildcard, un local destiné à des activités de quartier. » Il y aura par ailleurs un centre de santé où tous les riverains seront plus que bienvenus.

Soutenir les groupes d’habitants

La Banque Triodos est un des principaux partenaires du projet. « Nous croyons beaucoup dans l’habitat groupé comme modèle d’avenir, et souhaitons soutenir massivement ce concept, explique Olivier De Craene, Senior Relationship Manager de la Banque Triodos. En Belgique, les espaces libres sont de plus en plus rares. C’est pourquoi il faut cesser d’envahir des terrains supplémentaires, et utiliser ce qui existe déjà. »

Nous croyons beaucoup dans l’habitat groupé comme modèle d’avenir, et souhaitons soutenir massivement ce concept.
Olivier De Craene, Senior Relationship Manager de la Banque Triodos

Suivant les lieux ou les besoins et les discussions avec les futurs habitants, chaque projet est unique. Isabelle Stevens, Manager Mortgage Loans : « Nous disposons d’une grande expérience des montages juridiques pour ce type d’habitat. La Banque Triodos s’inscrit aussi au sein d’un vaste réseau de notaires, d’associations et de groupes d’habitants qu’elle met volontiers en rapport avec des personnes à la recherche d’un logement ou de conseils. » Et de conclure : « Les taux des crédits hypothécaires de la Banque Triodos sont d’autant plus bas que l’habitat est solidaire et écologique. C’est notre façon de promouvoir des projets durables pour la société et l’environnement ».

Un modèle écologique et participatif

L’ensemble du projet est « quasiment neutre en énergie » et ne produit aucune émission de gaz à effet de serre. « Nous utilisons la chaleur du sous-sol pour chauffer les maisons via un système de forages, explique William Riche du bureau d’architectes Bogdan & Van Broeck, impliqué dans le projet. Si la géothermie a le vent en poupe depuis plusieurs années, elle n’est que rarement mise en œuvre parce qu’elle représente un investissement important. Avec un financement collectif de ce genre, cela devient réalisable. »

W. Riche pense que les projets d’habitat groupé induisent une nouvelle réflexion sur l’habitat. « Les habitants ont été étroitement impliqués dans le projet dès la phase de conception, poursuit l’architecte. Dès le premier jour, ils ont été conviés autour de la table. On a ainsi vu naître une énorme cohésion avant même que la première pierre soit posée. »

Imaginez qu’on puisse atteindre les mêmes objectifs dans des projets de logements sociaux, où les gens partagent également une certaine proximité.
William Riche, architecte

Peut-être que ce genre de modèle fonctionnerait également pour les logements sociaux, s’interroge W. Riche. « Imaginez qu’on puisse atteindre les mêmes objectifs dans des projets de logements sociaux, où les gens partagent également une certaine proximité. » La réflexion collective sur l’habitat a de beaux jours devant elle. Il reste à découvrir comment chacun peut interagir dans cette relation de voisinage, et comment nous pouvons unir nos forces. Les projets d’habitat groupé peuvent incontestablement être une source d’inspiration.

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Photo: Biotope asbl