Il y quelques  semaines, un coup important a été porté à la crédibilité du secteur de l’investissement. La plateforme d’enquête journalistique Investico et Follow the Money ont publié le 29 novembre leur « Great Green Investment Investigation », une enquête à grande échelle dont il ressort que près de la moitié des fonds européen « vert foncé », c’est-à-dire les fonds qui se conforment à l’article 9, continuent tranquillement à investir dans le charbon, le gaz ou le transport aérien. Au moins 8 milliards d’euros labellisés « investissement durable » sont ainsi déversés sur des industries polluantes.

La question qui se pose est : comment cela est-il donc possible ? Un argument souvent invoqué est que la règlementation SFDR (pour Sustainable Finance Disclosure Regulation) n’est pas claire et laisse une place à l’interprétation. Ne tournons pas autour du pot   : selon nous, la réglementation est parfaitement limpide sur le fait que les investissements dans le secteur fossile n’ont rien à faire dans des fonds classés article 9. Et même si la législation n’était pas absolument claire, on n’en attendrait pas moins du secteur financier qu’il respecte non seulement la lettre, mais aussi l’esprit de la loi.

Le pavé jeté dans la mare par cette enquête est donc salutaire. En tant qu’investisseur ou investisseuse, vous devez pouvoir compter sur la fiabilité des informations qui vous sont fournies, de sorte que vous puissiez, sur base de ces informations, prendre une décision éclairée. C’est seulement à cette condition que le règlement SFDR a une chance d’atteindre son objectif, à savoir diriger davantage de capitaux vers des initiatives durables et lutter contre le greenwashing. 

8 milliards d’euros, cela fait beaucoup d’argent. Pourtant, ce n’est qu’une toute petite partie du marché. L’immense majorité des investissements continuent à être placés dans des fonds qui n’ont pas la moindre ambition en termes de durabilité. Appelons-les par facilité des « fonds sales  ».