Quels défis votre projet relève-t-il ?

Sa dimension est en soi un défi pour une structure comme la nôtre, qui implique de la copropriété et des processus coopératifs. Rassembler des acquéreurs et relever le pari organisationnel et financier de l’acquisition du bien, dans des délais très courts, a été un défi également. 

Volta XL, Twyce Architectes, cOarchi

Du point de vue architectural, combiner restauration d’un patrimoine de valeur et réhabilitation d’un bâti de moindre intérêt architectural a été aussi un pari à relever. Au niveau environnemental, ensuite, nous voulions être à la pointe sur le plan de l’énergie et de l’emploi de matériaux renouvelables et écologiques, mais aussi sur le plan de la biodiversité

Enfin, en termes social et sociétal, nous adoptons un modèle mixte, intergénérationnel et s’efforçant de rendre la propriété accessible à des acquéreurs plus jeunes et moins favorisés. Dans la partie professionnelle, place aux acteurs engagés qui partagent nos valeurs.

Volta XL, Twyce Architectes, cOarchi
Volta XL, Twyce Architectes, cOarchi

Monter un projet d’habitat groupé peut être complexe. Comment vous y prenez-vous et quels sont les avantages ?

Nous restons avant tout les garants de la faisabilité et de la réalisation technique, mais nous avons développé des compétences dans la gestion de groupe et une approche participative de la conception des projets. Ce travail demande du temps et de l’énergie. Mais il permet aussi de fédérer plusieurs acquéreurs (une quinzaine dans ce cas-ci) et surtout d’optimiser l’affectation des espaces, notamment par la mise en commun de lieux de travail ou de loisir tels que salles de réunion ou de fête, jardins partagés, potagers… 

Nous avons opté pour le Community Land Trust, une approche innovante dans laquelle le terrain n’est pas cédé, ce qui fait baisser le seuil d’accès à la propriété.
Michel Toussaint, architecte, Twyce Architectes - cOarchi

Cela a des impacts écologiques directs.  Par exemple, le projet intègre d’importantes surfaces plantées, y compris sur les toits. Nous réduisons aussi le nombre de places de parking grâce au partage des véhicules et au choix concerté de la mobilité douce

Sur ce projet, nous avons été encore plus loin en créant une fondation dédiée. Enfin, nous avons opté pour le Community Land Trust, une approche innovante dans laquelle le terrain n’est pas cédé, ce qui fait baisser le seuil d’accès à la propriété.


Et en matière de financement ?

La Banque Triodos a financé une partie de l'achat. Mais son impact ne réside pas tant dans les montants accordés que dans sa capacité à accueillir et accompagner des projets aussi atypiques, beaucoup plus complexes et évolutifs que ceux d’un promoteur classique, car ils intègrent les copropriétaires dans chaque décision. De plus, nous avions un taux d’occupation de seulement 40% au moment de l’acquisition. Peu de banques osent se lancer dans ce genre d’aventure, qui comporte une part d’incertitude et demande une vraie expertise. La Banque Triodos ne s’est pas contentée de consentir le prêt. Par exemple, nous avons bénéficié d’une réduction de taux parce que nous avons opté pour la création d’une fondation, dans une approche de transparence maximale. C’est par ses actes que l’on démontre ses valeurs, et c’est ce que fait la Banque Triodos.

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