L’Europe joue un rôle de pionnier dans l’approche de la problématique climatique et environnementale mondiale. Le pacte vert en est un excellent exemple. Dans la droite ligne de l’accord de Paris, un traité international sur le climat adopté en 2015, l’Union européenne s’est engagée à parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050 au plus tard. Et le plan « Ajustement à l’objectif 55 » prévoit déjà une réduction de 55 % des émissions de CO2 nettes en 2030, comparé à 1990.


L’UE veut s’assurer que cette ambition politique ne reste pas lettre morte, mais donne lieu à un véritable travail afin de consacrer plus de capitaux aux objectifs cruciaux pour l’avenir. C’est précisément ce qui explique l’introduction de l’obligation légale de communiquer de manière plus transparente sur les fonds durables, afin d’offrir aux autorités, aux entreprises et aux citoyens un point de départ clair. La transition vers un environnement plus propre est ainsi prévisible, ce qui réduit le risque d’investissement. Mieux encore : les investisseurs éviteront à terme les investissements moins durables, en raison d’un risque devenu trop important. Contraindre les flux de capitaux classiques à laisser place à des investissements plus durables, tel est le revirement escompté par l’Europe.

Qu'est-ce que le SFDR ?


Le règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est un instrument juridique important pour atteindre les objectifs ambitieux de l’Europe. En effet, l’UE ne pourra atteindre ses objectifs pour 2030 et 2050 que si elle peut s’appuyer sur des investissements privés et publics conséquents dans des activités durables. Raison pour laquelle le SFDR impose aux acteurs financiers de communiquer de façon plus transparente sur la durabilité des fonds d’investissement qu’ils proposent. Les banques et les gestionnaires de fonds qui prétendent poser des choix durables doivent désormais fournir des informations plus détaillées sur les données, sources et méthodes utilisées. Il ne suffit donc pas de donner une description plus générale dans la communication destinée aux investisseurs ou de se limiter aux positions principales dans lesquelles le fonds investit. Les affirmations doivent dorénavant aussi être étayées par des chiffres. Le greenwashing simpliste ne sera plus possible.


Au travers de cette législation, l’UE veut souligner la différence entre les fonds durables et leurs pendants classiques, qui ne sont pas axés sur l’avenir. Pour que les investisseurs puissent poser des choix délibérés parfaitement éclairés. Tout n’est cependant pas encore totalement au point. Le SFDR se concentre sur l’apport de la preuve que certains fonds sont durables, avec des données concrètes. Mais les fonds classiques, non durables, restent en partie hors d’atteinte. Il n’est même pas obligatoire de communiquer de façon détaillée à leur sujet, alors qu’il faudrait aussi pouvoir exiger de leurs gestionnaires qu’ils fournissent des informations précises sur les dommages sociaux qu’ils causent afin que de plus en plus d’investisseurs comprennent quelles activités moins reluisantes sont financées avec leur argent.


De gris à vert foncé


Le Sustainable Finance Disclosure Regulation (SFDR) se traduit en français par « règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers ». Cette formule résume bien de quoi il s’agit : fournir plus d’informations sur le degré de durabilité réel des fonds. Pour clarifier encore davantage les choses dans le chef des investisseurs, le SFDR a imposé au secteur financier un système de classification comprenant trois grandes catégories :

  • fonds de l’article 6 : incluant tous les fonds classiques sans caractéristiques en matière de durabilité
  • fonds de l’article 8 : promouvant quelques caractéristiques durables
  • fonds de l’article 9 : fonds qui ont spécifiquement pour objectif la durabilité et dont le développement durable forme une partie contraignante et obligatoire du processus d’investissement.

Le gros avantage de cette classification est qu’un acteur du secteur financier ne peut pas mettre son fonds d'investissement sur le marché comme étant durable sans informations circonstanciées. Qui prétend à la durabilité devra étayer son affirmation avec des données vérifiables. Ce qui facilite aussi par conséquent la comparaison entre les fonds.


Les fonds de l’article 6 sont qualifiés de « gris », ceux de l’article 8 de « vert clair » et ceux de l’article 9 de « vert foncé ». Il appartient dorénavant aux gestionnaires de fonds d’annoncer la couleur. Et aux investisseurs de poser des choix délibérés. À la clé ? Une économie plus durable et une société plus vivable.

Et la Banque Triodos ?


Il existe des banques et des gestionnaires de fonds de tout acabit, entre ceux qui mettent exclusivement l'accent sur le rendement financier et ceux qui affichent un engagement à toute épreuve envers l’humain et la société. Triodos relève de toute évidence de cette dernière catégorie : tous les gestionnaires de fonds s’adonnent à l’investissement d’impact et cherchent sciemment des entreprises qui collaborent activement à un monde différent. Ils allouent des capitaux à des entreprises et des organisations dont les projets visent un impact positif dans sept thèmes de la transition : l’alimentation et l’agriculture durables, la mobilité et les infrastructures durables, les ressources renouvelables, l’économie circulaire, le bien-être et la santé des personnes, l’innovation durable, l’inclusion sociale et l’émancipation.


La banque fait preuve d’une totale transparence sur ses choix. Vous trouverez tous les investissements sur le site de Triodos, où tout un chacun peut vérifier comment l’argent des épargnants et des investisseurs est investi, et avec quel impact. Triodos entretient également un dialogue actif avec les entreprises dans lesquelles ses fonds investissent, afin de pouvoir évaluer concrètement l’impact de chaque investissement. Elle pose par ailleurs des questions critiques sur la politique, et peut même revoir l’investissement si les réponses obtenues ne satisfont pas à ses critères.


Pour traduire cette approche à la lumière des trois catégories du SFDR présentées ci-avant : tous les fonds Triodos sont déjà des fonds vert foncé, soit correspondant à l’article 9, et comptent parmi les plus durables du marché. La banque doit ce résultat à l’accent accru qu’elle met à dessein sur les investissements assortis non seulement d’un rendement financier, mais aussi d’un rendement social important. En résumé : cette manière d’investir est inscrite dans l’ADN de sa mission, depuis des dizaines d'années.

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