Nous excluons tous les types d’armes de nos portefeuilles, conformément à nos normes minimales. Dans notre position sur l’IA éthique, nous disons aussi clairement que nous sommes contre les armes létales autonomes. Dans cette même logique, Triodos IM figure désormais parmi les signataires de la Déclaration des investisseurs pour la réglementation des armes autonomes.  

Cette déclaration demande aux dirigeantes et dirigeants internationaux d’ouvrir des négociations pour un traité mondial sur les systèmes d’armes autonomes. L’objectif est de garantir que l’usage de la force reste sous contrôle humain, et d’interdire les machines capables de sélectionner et d’attaquer des cibles de façon autonome. Un traité international juridiquement contraignant, comme celui sur les armes nucléaires, est nécessaire pour encadrer ce domaine.  

Les Nations unies ont déjà souligné plusieurs fois l’urgence d’une telle loi, mais rien de concret n’a encore été décidé. Pendant ce temps, des armes autonomes sont déjà déployées dans des conflits actuels. Cela montre à quel point une réponse mondiale commune est nécessaire. 

Un enjeu majeur pour les investisseurs et les investisseuses 

Un traité sur les armes autonomes est aussi très important pour les investisseurs et investisseuses. Il permettrait de fixer des règles claires, d’augmenter la transparence et de créer un cadre solide pour la diligence raisonnable. Sans un tel accord, il est difficile pour celles et ceux qui veulent investir de manière responsable de vérifier que leur portefeuille exclut bien les entreprises liées à ces armes. 

Aujourd’hui, la frontière entre les technologies civiles et militaires est de plus en plus floue. L’IA, la robotique et certains composants se retrouvent à la fois dans des produits commerciaux et dans des systèmes d’armes autonomes. Cela rend la sélection des entreprises plus complexe et augmente le risque de soutenir, sans le vouloir, des activités contraires à ses valeurs. 

Questions éthiques, juridiques et humanitaires  

Les systèmes d’armes autonomes, souvent appelés « killer robots », peuvent, une fois activés, choisir et attaquer des cibles sans intervention humaine. Bien que l’automatisation et l’IA améliorent la sécurité et l’efficacité dans de nombreux domaines, leur usage dans l’armement pose de grands problèmes éthiques, juridiques et humanitaires. Parmi les risques, on retrouve par exemple : des décisions de vie ou de mort qui échappent au contrôle humain, les biais et erreurs algorithmiques, une surveillance de masse et de violences arbitraires. 

De plus en plus d’acteurs dans le monde estiment qu’il faut empêcher les machines d’avoir le pouvoir de décider de la vie ou de la mort. Ce serait contraire aux principes de dignité humaine et au droit international humanitaire. À qui reviendrait la responsabilité en cas de décès injustifiés causés par une arme autonome ? Que se passerait-il en cas d’escalade des conflits ? Et que penser d’une « délégation morale » qui abaisserait le seuil du recours à la violence ? Autant de facteurs qui menacent les droits humains et accentuent l’instabilité dans le monde. 

Ce que demande la déclaration 

La déclaration des investisseurs, lancée par la campagne Stop Killer Robots et Etica Funds, demande aux gouvernements de : 

  • Ouvrir des négociations pour créer un traité international, juridiquement contraignant, sur les systèmes d’armes autonomes ;  

  • Garantir la présence d’un contrôle humain dans toutes les décisions liées à l’usage de la force ;  

  • Interdire le développement et l’utilisation de machines capables d’attaquer des personnes de manière autonome, réduisant ainsi les individus à de simples objets, stéréotypes ou données.  

Et si vous vous engagiez à nos côtés ? 

Nous soutenons pleinement cette campagne.  Nous apportons aussi notre pierre à l’édifice en ouvrant le dialogue avec les entreprises dans lesquelles nous investissons. Les technologies qu’elles développent doivent être utilisées dans le respect de la dignité humaine.  

Mais nous ne pouvons pas y arriver seuls. La technologie évolue vite. Il faut une action collective et coordonnée pour mettre en place des règles internationales solides sur les droits humains et les principes éthiques. 

C’est pourquoi nous encourageons aussi d’autres institutions de placement à soutenir cette déclaration et plaidons pour une réglementation internationale forte sur les systèmes d’armes autonomes.